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COMESA ou Espace Francophone, pour qui penche Madagascar ?

COMESA ou Espace Francophone, pour qui penche Madagascar ?

Membre à la fois du COMESA et de la Francophonie, Madagascar tente de jouer économiquement au mieux sur les deux tableaux. Mais les deux organisations se valent-elles aux yeux des opérateurs locaux ? Le match.

Dans le match économique entre le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et l’espace francophone, pour qui penche Madagascar ? Le Comesa a pour lui sa proximité avec la grande Ile et un flux d’échange commerciaux en progression. Eric RAJAONARY, le Président du patronat malgache, un des principaux opérateurs locaux à exporter vers le Comesa, explique ainsi que « les programmes d’intégrations régionales du Marché Commun de l’Afrique Orientale et australe commencent à porter leur fruits. Les exportations de Madagascar sont passées de 61 millions de dollars en 2015 à 75 millions de dollars en 2016 ». Mieux, c’est « près de 1,4 millions de dollars qui ont été alloués au pays pour améliorer les dispositifs en vue d’atteindre les objectifs d’intégration régionales et l’harmonisation des normes malgaches à celles du COMESA », poursuit le dirigeant. Il n’empêche, Madagascar continue de rester à la traîne selon les statistiques du Comesa, le pays ne représentant que 0,4% du commerce intra-Comesa en matière d’exportation, soit la 14e place sur 19 membres.

Pas étonnant dès lors que les hommes d’affaires malgaches se concentrent en premier lieu sur les marchés des pays francophones ou de l’Union européenne, actuellement le premier partenaire de Madagascar (44 % des produits exportés). Prenant acte de ce tropisme économique, la Direction Générale des Finances Publiques Française et l’Agence Française de développement (AFD) financent ainsi depuis 2006 un projet dénommé « Cap export », à hauteur de 900.000 euros.

L’objectif est d’« inciter les firmes malgaches à exporter davantage, en les accompagnant dans la formation, le marketing, la commercialisation, le soutien financier à hauteur de 50%, pour le cout des entreprises exposant dans des salons », explique le franco-malgache Gilles LE GOFF ANDRIAMIANDRA Président de Cap-Export, revenu récemment d’une prospection au Maroc.

Dans ce dernier pays francophone par exemple, les missions B to B multisectorielles se sont multipliées depuis novembre 2016. L’African Business Connect a ainsi mis en relation 80 hommes d’affaires marocains avec leurs homologues malgaches. Une démarche qui paie puisque le commerce entre les deux pays est en hausse constante et représente désormais un montant annuel de 13 millions de dollars, selon le ministre du commerce Armand Tazafy.

Une langue commune

A l’origine de cette inclination à traiter plus avec l’espace francophone, la langue exerce assurément une force d’attraction. Selon une étude de Céline Carrère et Maria Masood de la Fondation pour les Etudes et la Recherche sur le Développement International (Ferdi) intitulée « le poids économique de la langue française dans le monde », l’espace francophone (EF) « …permet d’accroître, pour un pays membre,– et toutes choses égales par ailleurs – la part du commerce entre pays de l’EF de 17 % et le taux d’ouverture des pays de l’EF de 4,5 % ». Selon toujours cette étude, les pays de l’Espace Francophone (EF) commercent beaucoup les uns avec les autres et ce résultat peut être expliqué en partie par la diminution des coûts au commerce que représente le partage d’une même langue, entraînant une baisse importante des coûts fixes à l’exportation, ce qui permet aux entreprises de pénétrer plus facilement un nouveau marché à l’exportation, mais permet également le maintien de flux commerciaux existants, notamment en cas de turbulences économiques. Un atout non négligeable à l’heure où les opérateurs malgaches doivent composer avec un environnement incertain.

 

COMESA/Espace francophone : un match inégal

Posted by guanomad

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